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La valise

Élaboration

Le travail sur ce projet représente une année pour la préparation des scènes et autant pour la mise en oeuvre. En effet, le travail en amont dans la construction de l’histoire fut assez long afin d’obtenir une cohésion des images dans leurs représentations.
Le titre de la série fait référence à l’objet récurrent, soigneusement choisi et chiné: une valise. Elle fera le lien entre toutes les images de la série et son symbolisme fort sera représenté de manière à s’exprimer dans chaque contexte photographique.
Représentant tour à tour le départ, le voyage, la transmission de savoir, le cheminement ou le rêve dans l’oeil de l’artiste, cet objet aux multiples connotations est libre de toute interprétations par le lecteur.

Concept

Le projet « La valise » représente les étapes essentielles de la vie et est pour partie autobiographique. De la naissance à la mort, les différentes étapes sont représentées non de manière conventionnelle puisqu’il n’est pas question de photographies représentant un mariage, un baptême ou autre évènement socialement acquis mais des scènes de la vie courante que tout un chacun peut être amené à vivre et qui marque l’individu qui le vit ou l’a vécu et dans lesquelles le lecteur pourra s’identifier.
Ce projet est le fruit d’un travail pré-réalisation de plus d’un an. C’est en partie pour cette raison que cette série est composée des douze photographies constituant l’histoire, chacune représentant un des douze mois de l’année qui furent nécessaire à sa réalisation.

La technique

Il est important de noter que ce cheminement d’une vie s’est aussi ancré au travers de la représentation des saisons. À cela s’ajoute le positionnement choisi du soleil mais également les tenues vestimentaires. Celles-ci ne sont pas sans rappeler les années de 1890 à 1980, et ce, en suite chronologique.
L’autre symbole fort utilisé tout au long de cette histoire est l’orientation du ou des personnages . En effet, quasiment tous sont de dos et quelques uns de trois-quarts. Mais chaque image montre soit un chemin, une direction, un regard vers un « ailleurs ». L’oeil du lecteur est attiré par cet élément central : il marche dans les pas des protagonistes. Ainsi, les personnages s’effacent et le lecteur prend leur place : les clichés font écho à la vie de chacun.
Chaque image présente une correspondance visuelle avec la suivante et chaque élément se retrouvera dans l’image finale. Chaque image construit l’histoire mais peut également être lue de manière indépendante.
L’unique photographie réalisée en studio fut la première. En effet, le but était de créer une ambiance cosy, « cocooning » impossible à créer en extérieur. Le reste de la série fut réalisé en extérieur.

L’influence de la vidéo et du cinéma

Pensé comme un film, le projet « La Valise » est au format 16/10e, celui du cinéma et de la vidéo. La technique a aussi suivi ce parallèle. En effet, j’ai opté pour des techniques de prise de vues utilisées principalement dans le cinéma telles que la plongée et la contre-plongée. L’utilisation d’un storyboard (ou scénarimage) a été nécessaire afin d’établir un véritable scénario.
J’ai également eu recours à des assistants : stylisme, coiffure, maquillage, dressage de chevaux et assistant animalier pour la mise en scène des colombes, par exemple.